Confiture d’oranges amères
Repris du Blog d'Alcandre
L’été pensait gagner haut la main le titre de « saison des confitures » : des fruits aussi délicieux et variés que l’abricot, la fraise, les prunes, la mirabelle et autres mûres et framboises, une maturité à son zénith, plein de temps pour cuisiner. L’hiver ne possède dans son jeu qu’une seule carte, mais quelle carte ! La reine des confitures, la délicieuse des délicieuses, j’ai nommé : l’orange amère.
Vous n’aimez pas ? Jamais vous ne pûtes habituer votre palais à l’agaçante amertume de l’orange, agravée d’une pointe d’acidité, dissimulée par un trait de sucre comme une brésilienne par un string ? Pas grave : passez votre chemin. Ici, nous ne sommes qu’entre initiés et on se comprend très bien !
J’ai découvert à ma grande joie qu’il est possible de commander des oranges amères chez les maraîchers, à un prix très convenable (deux ou trois euros le kilo). Ainsi, je les prépare moi-même, et de toutes mes confitures, voici certainement celle qui me procure le plus de plaisir à préparer et à déguster. Certaines bonnes adresses n’attendent pas les sollicitations de leur clients pour en proposer à la vente. Je pense surtout à l’irremplaçable Izrael, épicerie du monde, 30 rue François-Miron à Paris, qui avait cet après-midi encore des oranges amères d’Espagne.
Profitez en vite, car la saison des oranges amères dure à peine trois semaines. Début février, il sera trop tard !
Et comme je suis généreux avec vous, je vais même partager ma recette familiale ! C’est gentil, hein ?
Brossez énergiquement 2 kilos d’oranges amères. Mettez-les dans une cocotte-minute avec 1,5 l d’eau froide et faites les cuire pendant 20 minutes. À défaut de cocotte-minute (c’est mon cas) mettez de l’eau jusqu’à recouvrir les oranges. Le temps de cuisson est d’un peu plus de trois quarts d’heures, à feu vif, et il faut penser à retourner les oranges à mi-cuisson.
Une fois cuites, laissez-les refroidir (je les laisse toute une nuit). Vient la partie un peu longue : il faut détailler les oranges en petit morceaux. Jetez le coeur blanchâtre, mais gardez soigneusement tous les pépins.
Remettez à cuire les oranges avec l’eau de cuisson, les pépins enfermés dans un nouet de gaze, et bien sûr le sucre. Pour le sucre, ça dépend des goûts, mais en fait pas tant que ça :cool: La bonne proportion est entre trois-quarts et quatre-cinquièmes du poids des fruits, c’est-à-dire ici à peu près 1,5 kg de sucre.
Cuire environ une demi-heure, jusqu’à avoir une consistance assez épaisse.
vers Le Blog d'Alcandre
Bonne nuit